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  • Le petit monde de Skipie
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La naissance de Merlin, selon la tradition Chétienne

Par la suite, toute magie étant fort mal considérée dans l'occident médiéval chrétien, le merveilleux engendrement de Merlin a été attribué à un démon :

 

II arriva un jour que Notre Seigneur Jésus descendit aux enfers et en fit sortir Adam et Eve, ainsi que tous ceux qu'il voulait sauver. Le Diable entra dans une violente colère et convoqua le conseil de ses démons :

- Voilà, déclara-t-il, que le fils de Dieu nous enlève ceux dont nous nous étions emparés ; en plus, il nous ôte tout pouvoir sur les humains en les lavant de leurs péchés avec de l'eau bénite et en leur accordant son pardon jusqu'à l'heure de leur mort; il nous complique vraiment la tâche ; pour le contrer, il faudrait que nous ayons sur terre une créature à nous, douée de notre connaissance du passé ; elle gagnerait ainsi la confiance des hommes et tous aiderait à les corrompre et à repeupler notre enfer...

 

- Je n'ai pas le pouvoir de féconder une femme, dit l’un des démons, mais j'en connais une qui fait tout ce que je veux.

 

- Je m'en charge, dit un autre, je peux prendre figure humaine et, sous cette forme, engendrer celui dont nous avons besoin *.

 

* Suivant une croyance très répandue au Moyen Âge, certains démons, appelés incubes (du latin "incubare" qui signifie "coucher sur"), pouvaient prendre une forme humaine afin de féconder des femmes pendant leur sommeil.

 

Le démon, qui tenait une femme en son pouvoir, s'empressa de la rejoindre ; c'était l'épouse d'un gentil­homme fort riche. Grâce à elle, le démon s'introduisit sur ses terres et massacra tous ses troupeaux; puis il étrangla son fils et poussa sa complice à se passer une corde autour du cou et à se pendre. Le pauvre homme en éprouva une telle douleur qu'il tomba malade et mourut.

 

De toute cette famille prospère, il ne resta plus que trois jeunes filles. Le démon fit séduire l'une d'elles par un jeune homme qui lui était dévoué, si bien qu'elle fut enterrée vive à cause de son péché, comme l'exigeait alors la coutume.

 

Blaise, un prêtre du pays, vint consoler ses deux sœurs :

- Comment ces grands malheurs sont-ils arrivés? leur demanda-t-il.

- Nous n'en savons rien, Dieu nous a abandonnées !

- Mais non, c'est l'œuvre du diable, méfiez-vous bien de lui; venez souvent me voir et je vous conseillerai de mon mieux.

 

Cependant, le démon envoya une femme de mauvaise vie auprès de la plus jeune des deux sœurs pour la débaucher ; elle ne tarda pas à se prostituer et à quitter la maison familiale.

 

Quant à l'aînée, elle mena longtemps une vie paisi­ble et vertueuse car elle suivait les conseils de Blaise : ne jamais céder à la colère ni au désespoir, faire le signe de la croix avant de se lever et de se coucher et laisser toute la nuit une lumière allumée dans sa chambre, car le diable ne vient pas volontiers où il y a de la clarté...

 

Un soir, cependant, elle les négligea : en voyant arriver chez elle sa sœur dévoyée avec une bande de garçons, elle se mit en colère, d'autant plus qu'elle fut accusée par sa cadette d'aimer en secret le prêtre Blaise ; quand elle voulut jeter sa sœur dehors, elle fut alors rouée de coups par les vauriens qui l'accompagnaient. Elle se sentit si désespérée qu'elle oublia de se signer et se coucha toute habillée dans le noir sans la moindre veilleuse.

 

Revêtant une forme humaine, le démon, qui avait le pouvoir de s'unir aux femmes, vint aussitôt auprès d'elle et en abusa durant son sommeil.

-          Que m'est-il arrivé ? s'écria-t-elle en se réveillant, je ne suis plus la même.

 

Réalisant bientôt qu'elle avait été séduite par le diable pendant la nuit, elle s'en confessa auprès de Blaise ; le prêtre lui ordonna pour pénitence de renoncer à tout jamais aux plaisirs de la chair et de mener une vie exemplaire.

 

Cependant, son ventre s'arrondit et elle ne put cacher bien longtemps le fruit qu'elle portait. Suivant la coutume de l'époque, elle fut convoquée au tribunal et condamnée à mort. Le prêtre Blaise intercéda en sa faveur :

- Ne livrez pas cette femme au supplice tant qu'elle est enceinte ; l'enfant qu'elle porte ne mérite pas la mort car il est innocent.

 

En attendant l'accouchement, elle fut donc enfermée dans une tour bien close sous la surveillance de deux sages-femmes. Quelques mois plus tard, elle donna naissance à un bébé tout velu et poilu, comme un ours.

 

- Cet enfant me fait peur, dit-elle en le voyant.

- À nous aussi, dirent les sages-femmes; c'est à peine si nous osons le tenir dans nos bras ! '

- Faites-le baptiser au plus vite!

- Quel nom voulez-vous lui donner?

- Celui de mon père : Merlin.

 

Après l'avoir laissée allaiter son enfant pendant dix-huit mois, il fut décidé que la mère de Merlin devait être exécutée.

 

- Mon fils, lui dit-elle, je vais mourir à cause de toi, et sans l'avoir mérité.

- Chère mère, répondit Merlin, ne crains rien, je ne serai en aucun cas responsable de ta mort. Tant que je vivrai, personne au monde n'osera te toucher.

Elle dut cependant marcher vers le bûcher avec son petit enfant dans les bras ; en arrivant devant le juge, il s'écria :

- Je connais mieux mon père que toi le tien, et ta mère sait mieux qui t'engendra que ne le sait la mienne !

 

Confondue par Merlin, la mère du juge finit par lui avouer qu'il n'était pas le fils de son père mais d'un prêtre...

- Tu as donc dis la vérité, dit le juge à Merlin ; mais ton père qui est-il ?

- Je suis le fils d'un démon qui a séduit ma mère à son insu. Il m'a donné la connaissance du passé, et Dieu celle de l'avenir, en récompense des vertus de ma mère et de sa piété ; en voici la preuve : dès qu'il apprendra que son secret a été découvert, le prêtre qui t'a engendré ira se noyer dans une rivière.

Cette prédiction se réalisa bientôt et la mère de Merlin fut innocentée.

 

La jeune femme se retira ensuite dans un monastère où elle vécut saintement tandis que son fils grandissait en paix auprès d'elle.

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Quand le baromètre se passe la patte derrière l'oreille, c'est que le chat est à la pluie

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Caillou Blanc

Je suis la force suprême et ardente qui lance toutes les étincelles de vie.
La mort ne peut m'atteindre, encore que je la donne,
parce que je suis enveloppée de sagesse comme avec des ailes.
Je suis cette essence vivante et ardente de la divine substance qui apparaît dans la beauté des champs.
Je brille dans l'eau, je brûle dans le soleil et la lune et les étoiles.
Je soutiens le souffle de tout ce qui vit.
Je respire dans la verdure, et dans les fleurs,
et quand les eaux jaillissent comme des choses vivantes, c'est MOI.
J'établis ces colonnes qui supportent la terre entière.
Je suis la force qui réside cachée dans les vents,
de MOI ils tirent leur source
et comme un homme ne peut agir que parce qu'il respire, ainsi un feu ne peut brûler que par mon souffle.
Tous vivent parce que je suis en eux et de leur vie.
Je suis sagesse.
Mien est l'éclat du mot foudroyant par lequel toutes choses furent créées.
J'imprègne toutes choses afin qu'elles ne meurent pas.
Je suis la vie.

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